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Comment la droite Européenne (PPE-UMP) s’oppose aux 18 semaines de congés parental

Le correspondant à Bruxelles de Libération apporte de nouveau la preuve que les droits sociaux vont décliner de plus en plus si la droite garde la majorité au parlement européen. Après Sarkozy contre le congé parental, c’est au parlement Européen qu’est mise en berne l’égalité Homme-Femme.

9 mai 2009, par David C.


Ce texte est issu du blog de Jean Quatremer

La droite européenne n’a aucune intention de porter à 18 semaines la durée du congé de maternité dans l’Union comme le propose la Commission. Mais à quelques semaines des élections européennes du 7 juin, il est pour le moins difficile de voter contre… Hier, elle a réussi, à l’issue d’une manœuvre parlementaire bien conduite, à s’opposer au vote de la proposition de directive par la session plénière et la renvoyer en commission parlementaire. Ce qui revient à la mettre au frigo pour plusieurs mois, au moins. Soit bien après les européennes.

Il faut dire que la gauche de l’Assemblée avait poussé le bouchon un peu loin. Alors qu’actuellement, une directive de 1992 fixe à 14 semaines minimum la durée du congé maternité (contre 14 semaines en Allemagne, 15 en Belgique ou 16 en France), la commission parlementaire des droits de la femme a proposé de porter ce congé obligatoire à 20 semaines, soit deux semaines de plus que ce que souhaitait la Commission. Elle a même voulu étendre ce congé à l’adoption et imposer un maintien de la totalité du salaire durant cette période. Mieux : elle a introduit un congé paternité obligatoire de deux semaines, lui aussi étendu aux couples homosexuels. « On se demande ce que vient faire une telle disposition dans une directive consacrée à la santé des travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes », persifle un fonctionnaire européen. Autant de chiffons rouges pour une droite européenne qui s’interrogeait déjà sur l’opportunité d’étendre le congé de maternité en pleine crise économique... « Ce n’est pas le moment d’accroître les charges des entreprises », estime François Grossetête (UMP) : « et plus les femmes travaillent, plus elles ont d’enfants ». Pour l’UMP, il n’est pas question d’aller au-delà de 16 semaines.

Les eurodéputés socialistes n’ont guère apprécié la manœuvre : « la droite a montré aujourd’hui son vrai visage en trahissant le bien-être de millions de femmes qui aspirent à concilier leur vie familiale et professionnelle. Nous ne partageons visiblement pas la même conception de la société », s’est emporté Martin Schulz, le patron du groupe PSE. Le prochain parlement européen ayant de fortes chances d’être dominé par la droite, il est désormais peu probable que le projet de la Commission ait une chance d’être adopté.



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