27roses.eu

La "pensée française" est-elle contre l’Europe ?

Les français ont brillé, comme toujours, pour intellectualiser ce que beaucoup de français pensent encore : un rejet de l’Europe. Au coeur de ce rejet, la question de l’impact de l’Union européenne sur le rapport entre droit et politique et sur l’identité, nous dit Justine Lacroix, dans son dernier ouvrage, "La pensée française à l’épreuve de l’Europe". Elle recapitule les griefs. Sachons-les.

13 décembre 2008, par David C.


- Les premiers : l’identité française, comme politique, serait menacée. L’Europe emporte, avec elle, le creuset de notre conception de la politique, de l’Etat, et nos valeurs françaises. tels sont les aboutissants de travaux de Pierre Manent, Marcel Gauchet ou Paul Thibaud.

- Autres griefs, le monde global est devant nous ; la possibilité d’une identité cosmopolitique, celle de la mondialisation, économique, mais surtout culturelle, marche en avant. L’Europaénisation des cultures serait une forme de retour sur soi, alors que le monde, non Occidental, s’ouvre. En substance, ce qu’étayent des auteurs comme Jean-Marc Ferry, Francis Cheneval et Gérard Mairet.

- Enfin, le troisième grief, légèrement plus marxisé à partir du précédent, est de faire vivre, dans ce nouveaux mondes des échanges aux quatres points de la planète, l’espoir d’un nouvel universalisme post-identitaire. Celui-ci, crypto-internationaliste, reviendrait à réifier les droits contre le peuples. L’Europe serait alors une ruse capitaliste pour freiner l’alliance des peuples, un droit "formel" comme gouvernement contre ceux des peuples, (réels), chez Étienne Balibar, Yves Citton et Étienne Tassin.

Certes, les penseurs ici cités ne sont pas les plus modernes, les moins réactionnaires, pensée molle. Pour autant, aurait-on intelligence à mépriser leur propos ? Non, car, nous aussi, pro-européens proclamés, voulons une Europe plus sociale, plus démocratique. Davantage que celle intronisée par le droite. Et, c’est en laissant cette Europe à la droite, que sont inventées toutes ces pudeurs. Et ne pas voir, dans l’Europe, ce chapeau de politique, qui doit imposer l’ordre du politique sur l’économique ; à critiquer, même de propos que nous pouvons tous partager, nous faillissons.

Européens, nous sommes bien dans la révendication d’une inscription Européenne ; mais, à l’instar d’une pensée crypto-marxiste, nous ne concevons pas le droit, ni la démocratie représentative comme des "mains sales". Encore faut-il se les "mouiller", j’ai envie de dire, et de penser comment régir l’Europe : en prenant (démocratiquement), le pouvoir, CQDF.

NB : l’excellent site Taurillon



27roses.eu, blog de militants du PSE (Parti socialiste européen) - PES - 27 roses - élections européennes

| Facebook | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0