27roses.eu

Comment désigner le candidat PSE à la présidence de la Commission Européenne ?

Le PSE aura un candidat officiel à la présidence de la Commission européenne lors des élections européennes de 2014. Mais comment sera-t-il choisi ? Les militants auront-ils leur mot à dire ? Y aura-t-il des primaires pan-européennes ? Le débat est ouvert !

21 octobre 2010, par Sébastien


Le PSE aura un candidat officiel à la présidence de la Commission européenne lors des élections européennes en 2014. C’est acté. A Prague, en décembre 2009, le congrès du PSE a admis que l’absence d’un candidat commun avait desservi le camp social-démocrate lors des élections de 2009 et a mandaté la présidence du PSE pour réfléchir à une procédure de nomination.

10 mois après, où en sommes-nous ? Fin juin, la FEPS, sous la plume d’Anna Skrzypek, a publié une étude intitulée « Models of (s)electing a pan-Europea, Leading candidate ». Ce document détaille de façon très technique toutes les procédures envisageables, en distinguant 2 phases dans la procédure de désignation du candidat (la nomination puis la sélection) et 6 niveaux de décision possibles (le président du PSE, la présidence du PSE, les leaders des partis, les partis, les activistes et les primaires). Soit, en éliminant les solutions incohérentes, une bonne vingtaine de possibilités.

L’étude se garde bien d’exprimer une préférence pour telle ou telle solution : c’est un « choix politique », rappelle-t-elle. Elle rappelle néanmoins qu’après 30 ans d’élections européennes il subsiste des différences considérables entre les systèmes électoraux des pays de l’Union et que ce « facteur externe » devra être pris en considération. Elle souligne également la nécessité d’une procédure suffisamment ouverte pour permettre plusieurs candidatures. Elle appelle de ses vœux enfin « un processus qui unifierait les partis et leurs membres respectifs derrière le candidat potentiel et ainsi créerait une nécessaire volonté politique permettant d’inspirer l’enthousiasme et la motivation pour une nouvelle forme de campagne ».

En ce qui concerne la place des militants dans le processus de désignation du candidat PSE à la présidence de la commission, deux propositions retiennent notre intérêt.

  • celle d’une phase de nomination calquée sur l’«  initiative citoyenne » de l’Union européenne, introduite par le Traité de Lisbonne. Pour être candidat à la candidature, il faudrait disposer d’un certain nombre de signatures de militants PSE dans un certain nombre de pays. Le choix final parmi les candidats étant effectué par la présidence du PSE, le congrès du PSE ou les activistes eux-mêmes.
  • celle de primaires, a priori fermées, c’est-à-dire réservées aux membres des partis, dont le résultat serait validé par un congrès du PSE. Ces primaires seraient organisées soit pour la phase de nomination (l’étude recommande que, dans un premier temps, les partis membres assurent cette phase dans la perspective des primaires), soit pour la phase de sélection (avec nomination des candidats par la présidence du PSE ou une commission électorale).

C’est dans ce cadre que Desmond O’Toole (PSE Irlande) et Jose Reis Santos (PSE Portugal) ont lancé cet été une campagne pour l’organisation de primaires au sein du PSE : « [Le] candidat du PSE ne peut pas être choisi à huis clos, ou uniquement par les dirigeants des partis membres. Poursuivre la démocratisation de l’Europe exige que le PSE montre la voie et soit le premier à se démocratiser lui-même » relèvent-ils dans leur appel. L’initiative a rencontré un certain écho parmi les militants et certains élus européens, que 27roses a d’ailleurs relayée. La direction du PSE l’a prise en considération, rappelant toutefois sur son site que « les primaires fermées ne sont qu’un des mécanismes de choix d’un candidat ».

Début décembre, le congrès du PSE à Varsovie aura à l’ordre du jour cette procédure de désignation. L’enjeu est primordial pour la démocratisation de l’Europe, posant les conditions nécessaires pour offrir une vraie alternative politique aux citoyens européens aux prochaines élections européennes. Cette étape de la désignation peut être une grande occasion pour le PSE afin que les citoyens européens s’intéressent à nouveau plus à l’Europe. Légitimité, promotion et transparence sont certainement quelques ingrédients à rechercher pour gagner ce pari. «  La nouvelle procédure changera la façon dont le PSE est organisé et perçu par ses membres », rappelle le document de la FEPS.


27roses ouvre le débat en amont du congrès de Varsovie (qui se tiendra début décembre) :

- Comment impliquer les militants dans le processus de désignation des candidats ?
- Faut-il passer par des primaires ? Comment les organiser ?
- Quelles sont les alternatives ?
- Quelles sont les avantages, les chances, les limites, les risques des différentes possibilités de désignation ?

Exprimez-vous en cliquant sur "Réagissez !"

6 Messages

  • Dans ce débat des "primaires" ou alors "désignation",

    la question clairement posée est celle du mode de choix de la désignation du candidat d’alternance à la commission européenne.

    L’argument premier en faveur des primaires est qu’il s’agit aussi de la question de la stratégie électorale à mener tout au long de la campagne. et bien entendu, l’ombre des méthodes “obamiennes”, pèse alors dans le balancier des décisions européennes. Le long récit des Caucus après Caucus de l’autre rive de l’Atlantique a fait des émules non seulement en France, mais désormais me semble-t-il en Europe. Avant tout, ce procédé serait capable de rallier parfois des composantes d’alliages assez disparates.

    Argument second, parmi les principaux leaders d’opinions sur la scène des e-médias européens, c’est celui de John Worth, conseiller politique en la matière - également pour le PSE, faut-il le préciser - qui participe aussi à la sensibilisation européenne sur le thème désormais des primaires : nos moyens de communications nous permettent désormais de le rendre possible une véritable élection médiatique européenne.

    Bien sûr, le risque est, dans une telle démarche, de ne reproduire que des débats nationaux, voire régionaux, dans un cadre européen ; mais, interrogé précisément sur ce fait, par un des principaux journaux de gauche irlandais, Politico, Desmond O’Toole rétorque que l’intérêt principal d’une primaire à l’échelle européenne est de tirer vers le haut les débats et de “galvaniser” un leader sur des enjeux plus larges et européens.

    Bien sûr, tout n’est pas parfait ; il faut voir cette initiative avec une certaine distance : certes, les systèmes de prises de décisions sont imparfaits, cependant asseoir un système de primaires permet d’abord de développer un mode de fonctionnement interne au PSE régulier et démocratique, afin de le contraindre à voter à chaque élection pour ses représentants ; ensuite, cela changerait la nature même des euro-partis : ils devraient non plus discuter de leurs intérêts strictement vis-à-vis de l’Europe, mais délibéreraient de manière véritablement européenne.

    Encore une fois, vouloir faire une campagne commune serait possible techniquement, c’est l’effet des nouvelles technologies pouvant rapprocher les débats européens, pour ceux voulant vraiment construire ensemble à l’échelle européenne.

    Reste la faisabilité d’une telle organisation de primaires à l’échelle européenne. Là, les soucis du réalisme et du pragmatisme ressurgissent.

    Malgré les différences institutionnelle, il s’agit d’avoir une plateforme de mode de désignation commune, une sorte de front européen, mais décliné par chacun des partis nationaux.

    Dan Luca, responsable de la section des sociaux démocrates roumains à Bruxelles, a propos un agenda relativement précis : début mai 2011, sélection à l’automne de la même année, validation des candidats et recherche de fonds en 2012 pour un début des primaires en 2013.

    Voilà pour engager le débat.

  • Une primaire me parait la meilleure solution pour mobiliser les militants et donner dès le départ un socle large pour une vraie campagne trans-européenne.

    Le défi de l’Europe c’est de mettre en pratique cette belle devise "unis dans la diversité". Nous devons porter un projet commun qui porte nos aspirations communes d’un monde plus juste tout en prenant en compte la diversité des situations de chaque pays.

    S’asteindre à mobiliser les militants de chaque pays pour être désigné, c’est aussi travailler à élaborer un programme réaliste et crédible, car capable d’être adopté et soutenu dans tous les pays européens.

  • L’intérêt de la campagne des primaires européennes est selon moi avant tout le fait d’être une campagne militante européenne. L’enjeu, avant même la question des primaires en tant que telles, est l’émergence d’un militantisme politique européen par la base.

    Le fait qu’à l’initiative de cette campagne on trouve des militants PSE et non des cadres du PSE ou des élus européens est très intéressant. La mayonnaise prend et, de ce fait, peu à peu se tisse un réseau européen de militants du PSE qui n’échangeaient jusqu’alors essentiellement que lors des congrès et conseil du PSE. La mobilisation du web est là aussi un phénomène très intéressant qui laisse entrevoir de belles possibilités.

    Bref, malgré la difficulté à définir ce que seraient concrètement des primaires européennes, avant même de savoir si elles seraient opportunes ou pas, je crois qu’il faut pousser au maximum le débat et ouvrir un véritable espace de réflexion militante européenne. Et sur ce point fondamental, il semblerait que la campagne des primaires européennes est en train de réussir quelque chose de nouveau et de très encourageant.

    Voir en ligne : http://www.eurocite.eu

  • Une idée pour les déclaration de candidatures à ces primaires européennes.

    Pour éviter d’avoir trop de candidats, ou uniquement des candidatures nationales, pourquoi ne pas proposer un nombre requis de signatures comme pour les présidentielles françaises ?

    En demandant des signatures de députés européens et des pays de l’union, avec l’obligation d’avoir un minimum de signatures dans chaque pays de l’union on devrait obtenir des candidats avec une légitimité forte en tant que candidat du PSE.

    Bien sûr il faut bien choisir les minima, mais ça c’est au congrès du PSE de le faire.

  • L’argument essentiel en faveur des primaires est clair : sans primaires, rien n’obligera les dirigeants du PSE à désigner un candidat porteur d’un vrai projet pour 2014. Les partis membres n’en prendront jamais le risque. Et si c’est pour se retrouver à la fin avec un candidat du type "Barroso inutile de gauche", je ne vois pas vraiment l’intérêt de désigner un candidat PSE.

    L’essentiel est de décentraliser et d’étaler la prise de décision : éviter une décision unique lors d’une réunion à huis-clos, et s’assurer qu’il y ait plusieurs candidatures solides à l’investiture.

    A minima, il faudrait que chaque parti-membre se prononce un par un, que ce soit par ses militants ou par ses instances dirigeantes. Ainsi, chaque parti membre aura eu un débat et aucun ne pourra dissimuler ses positions.
    Et si de nombreux partis membres refusent au final d’impliquer leurs militants mais préfèrent laisser trancher leurs instances dirigeantes, tant pis. Le PSE aura au moins initié l’idée de primaires et décentralisé la décision, mais il ne pourra pas en être tenu pour responsable de partis membres qui rechigneraient à s’ouvrir sur leur base.



27roses.eu, blog de militants du PSE (Parti socialiste européen) - PES - 27 roses - élections européennes

| Facebook | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0