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Considérations sur l’après Traité de Lisbonne

Nous pouvons que nous réjouir de la ratification par les 27 pays membres du Traité de Lisbonne. Celle-ci a tellement tardée qu’il est déjà temps de tirer les leçons d’une élaboration si homérique d’un traité commun. Et adopter, dès maintenant, les conséquences des leçons que nous venons d’apprendre.

4 novembre 2009, par David C., Frédéric


Petit miracle au bout d’années de tergiversations... l’Europe s’est enfin doté de nouveaux moyens pour devenir plus efficace ; elle sera surtout (un tout petit peu) plus démocratique. Le dernier des conservateurs – Klaus le Tchèque – a finalement été enjoint de contribuer à ce que le Traité de Lisbonne soit enfin adopté.

La ratification est donc définitivement achevée, et le traité entrera en application ce 1er décembre 2009. Nous pouvons dire en assumant parfaitement nos propos que 27roses se réjouit de la nouvelle gouvernance de l’Europe sous le Traité de Lisbonne : essentiellement parce qu’une réelle politique européennes est (davantage – au regard des traités précédents) possibles avec celui-ci.

Que d’années perdues

Le premier des sentiments est de revenir sur le passé : que de temps aura-t-il fallu pour en finir avec un traité de Nice acquis à la fin d’une nuit exténuante et dont la résultante avait été décevante, il faut le dire, pour tout le monde ?

Leçon encore pour les conversatismes de toutes parts : les stratégies de blocages et de statut quo ne paient pas ; les luttes pour les nouveaux droits et les législations progressistes peuvent, elles, aboutir à de réelles avancées.

Leçon n°2. La cause est désormais entendue : il ne faudra plus jamais soumettre des traités dans leur rédaction si complexe et si illisible pour la grande majorité de nos concitoyens à un référendum populaire. C’est, une fois de plus, se tromper sur la notion même de politique : différent de l’expert, il doit amener les sujets de l’agenda politique et engager sa personne sur un projet proprement politique. Et surtout le soumettre au vote. Ensuite, le débat démocratique est non seulement de mise mais souhaitable. La preuve en est que le plus grand maux de l’Europe est actuellement son manque de politisation (par les politiques et par les médias) des grands sujets européens dont tout le monde est concerné au premier chef.

Leçon n°3. Il faut une Europe plus économique, plus sociale, plus politique. Nous ne sommes pas dupe du fait que le « Yes » des Irlandais semble davantage lié à leur situation économique qu’à leur désir d’Europe intrinsèque. Pour autant, renversons le raisonnement : les Irlandais adhère à l’Europe car leur futur (à court et moyen terme) dépend de l’Union. Vision dans laquelle nombre de pays seraient bien heureux d’adhérer. Plus économique : il faut que l’Europe s’engage et engage les Etats dans des politiques économiques convergentes et cohérentes – l’orientation tant décriée « d’ultralibéralisme » n’est qu’affaire de rapport de force et de participation aux élections… ; Plus sociale : nous ne pouvons plus vivre dans une liberté des capitaux, des marchandises, sans avoir des droits sociaux cohérents entre nous, des législations claires de territoire à territoire – et ce sont aux partis progressistes les premiers à mener ses combats (qui ne le seront fait par personne d’autres, rassurons-nous) ; Plus politique enfin : l’Europe a besoin de politiser toujours et davantage ses choix, son budget, et son action.

Le Traité de Lisbonne (presque) dépassé

Adieu donc au malheureux traité de Nice, bon succès au nouveau traité de Lisbonne. La mise en œuvre et l’adoption de ce dernier a tellement duré, à l’analyser concrètement, qu’il en deviendrait presque dépassé.

De ce fait, en ces jours où nous pouvons nous réjouir du Traité de Lisbonne, ne lui souhaitons pas pour autant trop longue vie. Car les tractations de ces longues années, force est de le constater ont trop souvent rogné ses meilleurs intentions ; sa trop longue route l’a déjà fait vieilli face à un Monde qui a radicalement changé pendant ces 8 dernières années.

Il pourrait paraître déjà insuffisant pour rendre l’Europe réellement opérationnelle, démocratique et sociale... – qui restent nos premières exigences pour que l’Europe puisse relever le défi du XXIe siècle. Et nous ne les commenteront pas, mais les récentes tergiversations sur la nomination de la présidence du conseil Européen nous rappelle comment l’Union est sans cesse empêché par les pressions des mouvements conservateurs. Ce serait donner la présidence pour untel parce que son pays risque, lors d’un basculement conservateur, de s’éloigner de l’Union ; ce serait donner à un autre parce qu’il est un petit pays ; ce serait récompenser celui qui plaira aux grandes forces ne voulant qu’un conseil des chefs d’Etat Européen pour toute instance décision.

Une chose est sûre : la majorité conservatrice est majoritaire et s’est vue confortée dans les récentes élections Européennes. Cette force là présidera aux affaires européennes. A nous de faire émerger, au-delà de Lisbonne et de son dépassement, les voix du débats des choses publiqes européennes. Dans un monde qui, lui, avance… sans ce soucier si les peuples se dotent, ou pas d’instruments politiques à hauteur de ceux des forces du marché.



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